Prêtre Jean, Prêtre Trump. Par Jean-Louis Vullierme.

Le sens des invasions sur le Continent eurasiatique n’a été Ouest-Est qu’en de rares occasions : les conquêtes d’Alexandre, complétées jusqu’au Penjab par ses successeurs, puis les conquêtes européennes de l’Asie à partir des Grandes Découvertes jusqu’à la Décolonisation.

Le sens général des invasions y est Est-Ouest. Il se manifeste depuis l’Antiquité, les Grecs ayant vécu sous la menace iranienne, et Rome sous celle de l’Asie Centrale (les Huns) puis de l’Altaï ( les turco-mongols) . Les Croisades, en effet, ne se firent pas tant contre des « Arabes » que contre des Turcs Seldjoukides venus de la mer d’Aral. Quand les Mongols sont arrivés jusqu’aux frontières de l’Égypte dans l’intention initiale d’assister les Francs contre l’islam , les Croisés s’étaient mis à craindre un allié plus puissant que leur ennemi du jour. Ogedei, averti par ses généraux de leurs traîtrises, renonça ainsi à devenir chrétien pour convertir l’empire mongol à l’Islam.

Comme le christianisme avait pénétré en Asie depuis l’Antiquité, et pas uniquement par les nestoriens, on se prit à espérer qu’un royaume chrétien viendrait au secours de l’Europe. Ce fut la légende du Prêtre Jean ( =Khan?), celui-la même qui aurait enfermé Gog Et Magog, peut-être derrière la muraille de Chine.

Jean ne vint jamais, et quand les Européens achevèrent leur conquête de l’Asie au XIXe, il furent terrorisés par la force immense qu’ils venaient d’asservir. Ce fut l’origine du « Péril Jaune ».

Les Européens, qui aiment à tronquer l’histoire, n’acceptèrent pas le fait que l’empire du Milieu n’a guère été expansionniste. Le Tibet était devenu un protectorat parce que l’empire tibétain, d’une violence oubliée, dévastait périodiquement les Tang, puis l’est redevenu à titre de glacis hérité du Grand Jeu.

Le Prêtre Trump, dont toute l’existence politique dépend des Évangélistes, s’inquiète de ce que la Chine se comporte comme les États-Unis le font sous son égide. Il s’indigne de violations patentes des droits qui ne l’inquiètent cependant ni en Arabie saoudite ni en Corée du nord.

Il cherche à embarquer les Européens dans cette nouvelle croisade. Mais comment un nationaliste impénitent peut-il convaincre que l’atlantisme a de nouveau des vertus, ou qu’il est préférable d’être espionné par les États-Unis que par la Chine?

La leçon à tirer n’est-elle pas plutôt que l’Europe doit s’unifier ?

Pour une relance du dialogue social européen, par Laurent Berger.

Laurent Berger est le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) depuis le 28 novembre 2012, et le président de la Confédération européenne des syndicats (CES) depuis 2019.

Dans cet entretien, il revient sur la crise consécutive à l’épidémie de COVID et évalue ses conséquences économiques et sociales, ainsi que la réponse apportée par les institutions européennes. Il esquisse les contours d’un syndicalisme européen s’épanouissant dans le cadre d’un dialogue social qu’il faut réinventer au plus vite pour faire face à la crise afin de relancer l’UE en vertus d’objectifs bien identifiés : »Demain l’enjeu c’est un modèle économique plus juste et respectueux de l’environnement, avec donc une inscription délibéré dans la transition écologique. L’enjeu c’est aussi la lutte contre les inégalités, qui minent notre pacte social et républicain, mais aussi le projet européen, car la défiance à son égard croît dans le terreau des inégalités. Et enfin, c’est la volonté de faire tout cela dans un cadre démocratique. »

Quel plan de relance européen pour les médias ? Christophe Leclercq, fondateur d’Euractiv.

Christophe Leclercq est le fondateur d’Euractiv, média pure player européen plurilingue. Il s’implique désormais au travers de la fondation Euractiv dans la réflexion sur les politiques européennes relatives au secteur des médias. Ce secteur connait de nombreuses turbulences dans un environnement très changeant et la crise du COVID est venu le fragiliser encore plus.

Dans cet entretien, Christophe Leclercq évoque la situation dans laquelle se trouve le secteur et le plan de relance que l’Europe serait bien inspirée de mettre en place car les horizons immédiats sont sombres. Il appelle enfin à avoir une attention particulière pour la question de la désinformation et des plateformes qui les véhiculent pour garantir la diffusion d’une information pluraliste de qualité dont nos démocraties ont besoin. Il termine sur le besoin de promouvoir une approche transnationale dans le développement de collaborations entre médias de différents pays qui devrait leur permettre de mettre en commun leurs ressources journalistiques et leurs outils technologiques pour peser d’un plus grand poids dans le paysage médiatique international.

Nos médias doivent être défendus et soutenus. Vous trouverez ici quelques pistes pour esquisser une politique européenne des médias.

Du pagliacisme, par Jean-Louis Vullierme


(NDLR: il y a deux ans, une discussion sur Facebook menée avec Jean-Louis Vullierme qui portait sur l’émergence de nouveaux personnages très médiatisés sur la scène politique européenne et internationale, l’avait inspirée et amené à concevoir cette nouvelle catégorie qu’est le pagliacisme. Il avait proposé sous forme d’un post publié sur Facebook une définition de cette catégorie que nous utilisons depuis lors et qui est reprise par certains car la boutade initiale se confronte à une réalité politique qui n’en finit plus de montrer la pertinence de la catégorie. Voilà pourquoi nous décidons de publier à nouveau cette définition car elle pourrait s’avérer utile à plus d’un et mérite d’être soumise à analyse. En effet, de nombreux Nérons au nez rouge semblent séduire chaque jour davantage de personnes et s’imposer sur nos écrans et par la suite dans nos urnes et même nos gouvernements. De nouveaux candidats « pagliacistes » ont fait leur apparition depuis juin 2018, date du post initial, alors que Donald Trump donnait déjà le meilleur de lui-même… Ainsi, Jair Bolsonaro, pour ne citer que lui, illustre combien un nouveau style s’impose bien, qui inspire de plus en plus hélas les acteurs évoluant dans le paysage médiatique et politique. Le pagliacisme obscurcira-t-il durablement nos horizons politiques ?)

Le Pagliacisme

En hommage au nouveau gouvernement italien, j’aimerais soutenir (sérieusement) l’utilité d’élargir la nomenclature politologique au « pagliacisme » (de « pagliaccio », italien pour clown), défini comme forme d’idiocratie consistant à porter systématiquement au pouvoir les personnes les plus incompétentes, sous l’égide d’un « matamore » (personnage de la commedia del arte, se vantant d’exploits impossibles).

Le matamore adopte des postures agressives en vue de solutions mirobolantes, imputant ses échecs à des complots ourdis contre lui ou ses électeurs. Par exemple, il prétend pouvoir effacer la dette publique de son pays, libellée dans une monnaie, par la simple émission d’une autre monnaie, ou endiguer immigration, drogues ou autre par la seule édification de murailles physiques, ou obtenir des concessions diplomatiques majeures sans contrepartie, ou accroître la démocratie en réduisant la séparation des pouvoirs, ou réformer le système pénitentiaire en en confiant la réflexion à un personnage médiatique notoire pour sa faiblesse d’esprit (comme Kim Kardashian aux Etats-Unis).

Le pagliacisme rencontre ses plus forts soutiens parmi les électeurs dont il contredit objectivement le plus grand nombre d’intérêts et qui participent à la vie publique sous forme de réactions émotionnelles à un spectacle consistant à défier certains groupes mal définis mais réputés disposer d’une puissance illégitime ou cachée. Le matamore et ses soutiens ignorent délibérément les faits, les sciences, la logique et la décence, présentés comme des illusions produites par des forces antagonistes.

La question est posée de savoir si le pagliacisme se réduit ou non à une forme anthropologique nouvelle du nationalisme, adaptée à l’âge télévisuel. Ma position est que ce n’est pas le cas. Le nationalisme n’était pas initialement un signal d’idiocratie, aussi longtemps que l’on ne pouvait mesurer l’ampleur de ses dévastations et son caractère foncièrement contre-productif. Il devient idiocratique devant l’ignorance ou la dénégation des faits. Le pagliacisme n’est enclin au nationalisme que parce que celui-ci lui permet d’inventer des solutions prodigieuses et irréalistes visant à s’accaparer la richesse d’autres pays. Mais le nationalisme en tant que tel n’implique pas universellement la préférence pour l’incompétence qui est un trait sine qua non du pagliacisme.

Sur le plan de l’imaginaire, le pagliacisme est corrélé aux divinités chthoniennes et au grotesque. Dans son cours de 1974-1975 consacré aux Anormaux, Michel Foucault suggère que le pouvoir grotesque n’est pas un signe de faiblesse mais au contraire de souveraineté renforcée. Il définit le grotesque comme le fait pour un individu de détenir par statut des effets de pouvoir dont ses qualités intrinsèques devraient le priver. Foucault ne propose pas d’explication à ce phénomène sur lequel il ne prend pas le temps de s’attarder. Mais je crois que l’on peut comprendre les choses ainsi: l’exhibition de signes de ridicule ou d’infamie, mauvais goût, stupidité, grossièreté, etc., normalement de nature à disqualifier quiconque, sont la preuve chez le détenteur du pouvoir suprême qu’il ne dépend d’aucun jugement et peut donc imposer inconditionnellement sa volonté. C’est en ce sens que l’ubuesque peut devenir le fin du fin du pouvoir dictatorial.

On peut ajouter qu’à l’âge contemporain, cet imaginaire est associé à celui des super-héros, personnages médiocres ou sous-estimés dans la vie courante qui révèlent les pouvoirs extraordinaires dont ils sont investis, et revêtent à cette occasion des tenues et des postures clownesques.

Malaparte est sans doute le premier à en avoir discerné certains traits dans son pamphlet anti mussolinien Muss (référence au latin ridiculus mus, la montagne qui accouche d’une souris). Mais c’est le cinéaste Mike Judge qui offre la première description de l’idiocratie dans le film de science fiction éponyme en 2006, présentant une inversion de la hiérarchie de l’intelligence.

Si toutefois le fascisme présente certains traits grotesques (Mussolini, Göring, certaines postures hitlériennes, etc.), le pagliacisme est un phénomène nouveau, puisque l’antagonisme grotesque est son caractère essentiel , et non plus un accessoire.

De même, le « populisme », si tant est que ce terme soit bien défini, est chez lui un dérivé de sa recherche de l’incompétence plutôt que sa source. Le paglacisme s’adresse principalement aux personnes les moins éduquées et à ce titre les moins aptes à discerner ses réclamations illogiques ou contrefactuelles. Mais il est parfaitement possible de concevoir de l’adopter des positions populistes sans pagliacisme, comme le fait le bolchévisme par exemple. Inversement, il est possible de manifester un pagliacisme non particulièrement populiste (Bokassa, Amin Dada).

Le pagliacisme représente la plus grande menace contre les démocraties parlementaires depuis l’émergence des doctrines de Parti unique. Il doit être nommé et analysé. Il doit être combattu de manière trans-partisane et internationale.

Jean-Louis Vullierme, philosophe.

De Rome à Bruxelles, le gouvernement indirect comme principe de construction politique. Par Jean-Louis Vullierme, philosophe.

(NDLR : ce petit billet est un extrait d’une conversation née sur Facebook entre Jean-Louis Vullierme et Yves Couture, tous deux philosophes politiques. Nous proposons que la discussion se poursuive ici car elle aborde un sujet d’importance au cœur de la construction européenne. En soulignant l’importance du gouvernement indirect dans la construction européenne, Jean-Louis Vullierme montre qu’elle peut en constituer le principe fonctionnel assurant à l’UE d’éviter les risques de dislocation ou d’affrontement, comme la tentation de l’hyper-centralisation du pouvoir. C’est à discuter ! )

La question impériale romaine mérite d’être reposée. Nos civilisations sont devenues irénistes sur le principe, mais au sens limité où elles n’entendent plus faire la guerre sur leur propre territoire. Elles font toujours la guerre à distance : Proche-Orient, Libye, Mali. Elles font la guerre aux frontières en cas de besoin comme l’ont confirmé, il n’y a pas si longtemps, les guerres de sécession balkaniques. Elles non pas non plus perdu entièrement leurs tentations de guerre civile, ce dont les États-Unis offrent une illustration. En Europe, toutes les visées multilatérales restent fondées sur le souvenir extrêmement vif encore et traumatique des guerres mondiales. Toute l’histoire moderne et prémoderne de l’Europe est structurée par des conflits longs et majeurs, avec des pics nombreux: guerre de 100 ans, guerre de 30 ans, guerre de 7 ans, Guerres de la Révolution et de l’Empire, guerres franco-allemandes, non limitativement.

C’est dans ce contexte qu’il convient d’appréhender l’archétype romain. L’Empire a offert le dernier état de paix durable en Europe occidentale: six siècles , en prenant les limites les plus étroites, sans inclure les prolongements carolingiens. Il a du même coup produit une homogénéisation culturelle incomplète mais indéniable, par la généralisation de son droit ou de ses dérivés, l’expansion de sa religion adoptive, le développement d’une infrastructure routière à une échelle sans précédent, et une aptitude à intégrer les forces hostiles, ce dont la fusion gothique est la plus frappante illustration, suivie de l’absorption des vikings. L’Islam aura été, au bout du compte, le seule de ces forces se montrant irréductible et non absorbable, sauf par l’empire russe qui s’est lui-même toujours pensé sous le modèle romain.

Face à ces vertus de pacification, il existe naturellement un passif, celui de la force militaire requise pour construire et préserver un empire aussi vaste. C’est la raison pour laquelle on a périodiquement reproché à la Pax Romana d’être une paix des cimetières. Ce grief est à la foi juste et injuste. Les Romains possédaient incontestablement une culture militaire, déployée implacablement. Mais ils possédaient aussi une culture de l’expansion par absorption plutôt que par anéantissement. Ils étaient largement indifférents à l’origine des personnes. Non seulement les premiers sénateurs gaulois sont entrés à la Curie avec leurs braies avant Auguste, mais le premier millénaire de la fondation de Rome a été célébré sous la présidence de Philippe l’Arabe, membre de la dynastie syrienne des Sévères. L’Empire, chaque fois que possible, a accordé de libertés municipales et s’est appuyé sur des royaumes vassaux qu’ils ne cherchaient pas à altérer, s’ils acceptaient une contribution militaire et fiscale en échange de la paix.

En d’autres termes, Rome a introduit en Europe le principe du gouvernement indirect qui offre un levier de pacification combinée à l’autonomie interne. La féodalité est est la forme dégénérée qui émerge avec la dissolution de l’Empire. C’est ce legs du principe de l’autonomie interne dans un ensemble stabilisé qui représente aujourd’hui encore le principal enjeu de la construction européenne. Le gouvernement indirect est peut-être la seule formation possible qui préserve la paix à grande échelle et soit compatible avec la forme républicaine et la démocratie qui en est une des versions. Le citoyen peut exercer sa volonté, et de façon analogue sur chacun des niveaux emboîtés : la ville, la région, le pays, la fédération. Chacune de ces formation s’exerce à son propre niveau, sans intervenir directement dans les transactions politiques du niveau inférieur à elle.

C’est également un moyen, et peut-être le seul, de prévenir un gouvernement bureaucratique unifié. A l’heure où nous parlons, l’héritage nationaliste, qui tire ses longues racines de la dislocation de l ‘Empire romain et de l’étatisme moderne, est l’unique obstacle à cette formation, seule apte à offrir à chaque enjeu la taille critique qui lui correspond, sans imposer une homogénéisation culturelle et politique délétère.

NB. Il n’est nullement question de suggérer une reconstitution quelconque de l’empire romain. Celui-ci n’est évoqué que pour son apport du gouvernement indirect, une notion hélas presque absente de la réflexion politique en Europe. Mon principal argument est que la démocratie est compatible avec un espace géopolitique de dimension continentale. La seule condition est de faire du citoyen l’unité politique de base exerçant sa magistrature simultanément à des échelles multiples et de structure analogue. La plus évidente est l’élection directe d’une assemblée représentative devant laquelle l’exécutif est responsable. Cette forme peut-être reproduite, comme c’est fréquemment le cas aujourd’hui, au niveau de la ville de la région, du pays, mais aussi, et c’est le manque à combler, de l’organisme fédératif. Aucune de ces entités n’interfère par principe avec les transactions politiques des niveaux inférieurs, sauf pour les affaires qui relèvent strictement de son domaine à l’exclusion des autres. L’Europe est à présent une entité intergouvernementale dont la démocratie est par construction absente, les gouvernements des pays exigeant de conserver chacun leur monopole étatique hérité. Il s’en suit que ses décisions sont prises sans légitimation démocratique. Les pays qui la composent lui refusent, parce qu’ils le peuvent, non seulement des ressources propres, mais encore toute autonomie dans les domaines qui relèvent naturellement d’un niveau fédératif, tels que défense, immigration, politique monétaire et fiscale, sécurité des frontières , lutte anti-terroriste, contre-espionnage et protection civile continentale. Étant à mi-chemin d’une union fédérative, l’Europe se comporte ainsi comme un Commonwealth suradministré disposant à la fois d’un déficit et d’un excès de pouvoir Ces deux maux trouveraient un remède immédiat si le dernier pas est effectué. Ceci n’entraînerait aucune menace sur la diversité ethnique et culturelle du continent, ni sur l’autonomie des politiques conduites à chaque autre niveau, mais ferait sortir l’Europe de l’état de faiblesse politique et d’impréparation aux dangers dont elle souffre au premier regard. Jean-Louis Vullierme.

La cour de justice de l’UE, seule à réagir face à la Hongrie et la Pologne ? Par Filipe Marques.

Filipe Marques est un juge portugais et est le président de MEDEL (Magistrats Européens pour la Démocratie et les Libertés), une association qui promeut les droits fondamentaux et l’Etat de droit et qui regroupe 23 associations nationales de magistrats, juges et procureurs issues de 16 États européens, et qui représente 18 000 magistrats. Il revient dans cet entretien sur ce qu’il qualifie de démantèlement de l’Etat de droit à l’oeuvre en Hongrie et en Pologne, et explique les réponses que les institutions européennes et la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) ont apporté à ce problème qui menace les valeurs sur lesquelles repose l’Union européenne.

Il explique également comment la CJUE est celle qui, par ses décisions, permet de réagir dans l’UE face à certaines dérives à l’oeuvre dans certains Etats, quand la volonté politique des pays membres manquent ou qu’il ne sont pas en mesure d’agir. Elle participe ainsi à la construction d’un cadre juridique européen qui s’apparente à une « constitution judiciaire » européenne.

Noé Debré, créateur de la série TV Parlement : « les institutions détestent afficher le conflit »

Dans cet entretien Cosmocène, Noé Debré, réalisateur et scénariste, nous parle de la série télévisée « Parlement » qu’il a créée et qui est diffusée depuis début avril sur france.tv, la plate-forme de diffusion de France Télévisions.

Cette discussion est aussi l’occasion de parler avec lui de communication sur l’Europe et les institutions européennes, et d’aborder quelques recommandations sur ce que l’UE serait bien inspirée de faire pour contribuer à rapprocher les citoyens européens de leurs institutions.

Europe in the Time of Coronavirus: for a European coalition of the willing? By Shahin Vallée

Shahin Vallée, researcher at the German Council on Foreign Relations (DGAP), explains in this Cosmocene interview how monetary mutualisation implies for Eurozone states to agree to a budget mutualisation. The time has come to do so in a context of economic crisis resulting from the COVID-19 epidemic. It is a matter of securing the future of the EU.

The 27 should agree on this principle, but if they do not manage to do so, a smaller group of countries, a « coalition of the willing », should be able to go ahead on its own for the time being.

L’Europe au temps du coronavirus : pour une « coalition européenne de bonne volonté » ? Shahin Vallée

Shahin Vallée, chercheur au Conseil allemand des relations étrangères (DGAP), explique au micro de Cosmocène comment la mutualisation monétaire implique pour les Etats de la zone Euro de consentir à une partie de mutualisation budgétaire, et que le moment est venu de le faire dans le contexte de la crise économique résultant de l’épidémie de COVID-19.

Il s’agit d’assurer l’avenir de l’UE. Les 27 doivent donc parvenir à s’entendre sur ce principe. Mais si tel n’est pas le cas, un groupe de pays plus restreint, une « coalition de bonne volonté », devrait pouvoir le faire à sa seule échelle pour l’instant.

Europe in the Time of Coronavirus: on solidarity, by Francesco Saraceno

You have 3 minutes ? Listen to Francesco Saraceno, deputy department director at OFCE-Sciences Po in this short interview, explaining the difference between the so-called « solidarity » that the EU would lack, and a joint EU effort that has to be implemented and that would benefit to every member State. In his view, these are two different things. The problem at stake is not a moral one, it is political question that has to be answered.